Faîtage, rive, égout, noue, arêtier
Les cinq arêtes qui composent n’importe quelle toiture. Savoir les nommer, c’est savoir les chiffrer : chacune appelle un accessoire, un geste et un prix différents.
Un versant de toit — un pan — est délimité par ses arêtes. Il n’en existe que cinq sortes, et toute couverture, de la maison de plain-pied à la ferme en L, se décrit avec ce seul vocabulaire. Les surfaces donnent la tuile ; les arêtes donnent tout le reste du devis.
Faîtage
L’arête haute, horizontale, entre deux versants.
C'est la ligne de crête du toit, là où les deux pans se rejoignent au sommet. Elle est horizontale, donc sa longueur mesurée sur une vue aérienne est déjà la bonne : la pente ne l'allonge pas. On la ferme avec des tuiles faîtières, scellées au mortier ou posées à sec sur closoir ventilé.
Au métrage : Aucune correction de pente : longueur réelle = longueur au sol.
Rive
Le bord latéral libre d’un versant, côté pignon.
La rive est le côté du pan qui ne rencontre aucun autre versant : elle descend du faîtage jusqu'à l'égout, le long du mur pignon. Elle se traite en tuiles de rive, en rives à rabat ou avec une bande de rive métallique. C'est un point sensible : mal fermée, elle laisse entrer le vent sous la couverture.
Au métrage : Elle monte dans la pente : longueur réelle = longueur au sol ÷ cos(pente).
Égout
L’arête basse, là où l’eau quitte le toit.
L'égout est le bord inférieur du versant, celui qui déborde du mur. C'est lui qui reçoit la gouttière et sa bande de solin, et qui commande la première rangée de tuiles. Comme le faîtage, il est horizontal.
Au métrage : Aucune correction de pente : longueur réelle = longueur au sol.
Noue
L’arête rentrante, en creux, entre deux versants.
Quand deux pans se rencontrent en formant un creux — typiquement à la jonction d'une extension ou d'une aile en L — l'arête s'appelle une noue. Elle concentre l'eau de deux versants à la fois, ce qui en fait le point le plus sollicité d'une couverture. On la traite en noue zinc, en noue à fond plat ou en tuiles à noue.
Au métrage : Diagonale : sa longueur réelle dépend de la pente des deux pans qu’elle relie.
Arêtier
L’arête sortante, en saillie, entre deux versants.
C'est l'inverse de la noue : deux pans se rencontrent en formant une bosse, comme sur les quatre pans d'une croupe. L'arêtier part du faîtage et descend en biais vers l'angle de l'égout. Il se couvre de tuiles arêtières, posées comme des faîtières mais dans la pente.
Au métrage : Diagonale : sa longueur réelle dépend de la pente des deux pans qu’elle relie.
Pourquoi la pente change la longueur des arêtes
Sur une vue aérienne, toutes les arêtes sont vues de dessus, donc écrasées. Les horizontales — faîtage et égout — ne perdent rien à cette projection : leur longueur mesurée est la bonne. Les autres, en revanche, sont raccourcies par la vue du ciel et doivent être rallongées en appliquant la pente. C’est le même phénomène qui fait qu’un versant couvre plus de surface que son emprise au sol.
Reconnaître une noue d’un arêtier
Les deux sont des diagonales, et c’est la confusion la plus fréquente. Le repère est simple : posez une bille dessus. Sur un arêtier, elle roule sur le côté — l’arête est une bosse. Dans une noue, elle reste au fond et descend le long de l’arête — c’est un creux qui canalise l’eau. Une maison en L a des noues ; une toiture à quatre pans a des arêtiers.
Les relever sans monter sur le toit
Dans Le Vol d’Oiseau, chaque arête tracée se tague d’un appui : faîtage, rive, égout, noue ou arêtier. L’application applique automatiquement la correction de pente propre à chaque type et sort les linéaires cumulés, prêts à reporter dans le devis.
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